KikouBlog de Rag'
Rag'

Sa fiche

Citius, Altius, Fortius, Fatuitus

Par Rag' - 04-05-2012 20:23:54 - 10 commentaires

Ça fait un bon bout de temps que je ressasse le sujet, que je gamberge à propos de cette fuite en avant qui anime le monde de l’Ultra - dont je ne cherche plus à faire partie. À la lecture de quelques récits, de fora dédiés à la course à pied ainsi que de blogs tenus par des fanatiques du « toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus dur », mon sentiment s’est sensiblement modifié : de l’étonnement, je suis passé à de l’ébahissement voire à de l’envie, pour finalement en arriver à me poser la question : « Quel est l’intérêt de cette quête du « toujours plus » ? Quelle est la motivation qui anime ces individus ? ».

Mes réponses, loin d’être objectives, n’en sont pas moins inquiétantes car l’insatisfaction  semble prévaloir dans cette recherche de limites. D’une pratique de la course à pied qui voulait s’affranchir de la dictature du chronomètre l’on en arrive à une dictature de la distance et du dénivelé.

Un marathon en 4h ? La prochaine fois, ce sera en 3h45. Puis en 3h40. Puis en moins de 3h30. Etc.

Un trail de 30 bornes ? La prochaine fois, ce sera 50. Puis 70. Puis 90. Etc.

Je vous épargne les estimations de D+.

Ce carcan chronométrique insupportable pour les prosélytes du trail, de l’ultra ou de l’ultra-trail se retrouve transposé sous forme de kilomètres. Et toujours impossible de se défaire de ce fameux chrono ! Les barrières horaires sont là pour le prouver. Parcourir une distance en un temps imparti, quelle différence avec le marathonien qui cherche à performer ? La performance quantifiable est omniprésente, impossible d’y échapper même si certains se voilent la face et continuent à se bercer d’illusions quant à la supériorité d’une pratique sur l’autre.

Chacun est libre de ses choix, rationnels ou pas. Je n’ai pas à porter un jugement de valeurs sur ce comportement néanmoins, je peux lire régulièrement des propositions de parcours que je trouve aberrantes. La « Lyon SaintéLyon » ou le futur ( ?) Double Écotrail (Tour Eiffel - Départ - Tour Eiffel) en sont de malheureux exemples. Lorsque l’on est capable de se taper 150 bornes en courant, quel est l’intérêt de parcourir un trajet en aller-retour ? Personnellement, j’irais plutôt me mitonner un tracé bucolique si j’avais cette capacité physique. Pourquoi choisir une course célèbre comme support de cet A/R ? Se frotter à d’autres coureurs, histoire d’en épater plus d’un ? Chercher l’assentiment de pairs ? La reconnaissance plutôt que l’anonymat ?

Au mieux, c’est un manque d’imagination, au pire de la vanité.

 

Rag'_dubitatif

PS: Cette vaste (et double) question mériterait qu'on s'y attarde sur le forum. Malheureusement, polémique et internet ne font pas bon ménage.

Voir les 10 commentaires

Salubrité publique

Par Rag' - 21-03-2012 08:51:13 - 12 commentaires

Étant donné le nombre nul de réponses à ce billet, j'estime que le message a fait mouche et que ce serait faire oeuvre de salubrité publique de le publier sur ce blog.

En attendant vos remarques et critiques constructives -comme toutes celles du forum (sic)- je vous souhaite bonne lecture ainsi que bonne cogitation.

Rag'


"Salut à toutes et tous,

Cela fait un bail que l'envie d'écrire un long billet sur ce fil me taraude. Non pas pour raconter mes pépins physiques, mes états d'âme, ma convalescence ou ma rémission, mais plutôt pour faire un signe à celles et ceux qui, ne voyant pas le bout du tunnel, se sont éloignés petit à petit du forum voire qui ont quitté définitivement le milieu de la course à pied. Il est évident que peu de personnes qui sont "sur le carreau" depuis plus d'un an ont encore envie de participer à la vie d'un site dédié aux sports d'endurance. C'est compréhensible, c'est humain, le masochisme a ses limites...
J'ai quelques noms (pseudos) en tête, de blessés annonçant leur multiples retours faisant suite à de multiples blessures diverses et récalcitrantes. Finalement, comme l'on dit chez les jeunes, ils ont "lâché l'affaire".
J'espère qu'ils ont su prendre le recul nécessaire pour affronter le vide que peut laisser le non-assouvissement d'une passion. La passion est destructrice quoiqu'on en dise, souffrance de soi, souffrance de ceux qui nous entourent.

L'avantage d'une passion, c'est qu'elle est omniprésente, occulte tout, occupe nos moindres pensées. C'est l'idéal pour s'échapper des vicissitudes de la vie. Rustine idéal de notre condition humaine.
Sauf que...
Le jour où cela coince dans la belle machine, où la mécanique ne veut plus, ne peut plus, la belle passion non assouvie croupit au fond de notre esprit, le vide apparaît. Et l'on se trouve confronté à toutes les questions auxquelles l'on n'a jamais voulu vraiment prendre le temps de répondre: "Pourquoi courir? Pourquoi souffrir de ne pas courir? Comment remplir autrement ce gouffre qui est apparu devant moi? Qu'ai-je voulu combler?" Tant de questions que chacun devrait se poser à priori. Trop peu le feront.

Ayant parlé de l'avantage d'une passion, j'aimerais aborder les inconvénients. Comme elle est omniprésente et dévorante, la passion anéantit le champ des possibles. Aucune place digne de ce nom pour d'autres activités qui sont, dans le meilleur des cas, des succédanées. 

Deux ans que je ne cours plus. Et j'ai fini par lâcher l'affaire, tenté de répondre à toutes ces questions et ce que j'en retire ne me flatte guère. J'ai souffert, plus dans ma tête que dans mon corps. Beaucoup plus. Mais j'ai mûri et le regard que je porte sur la pratique de la càp est d'autant plus acerbe que j'ai sacrifié beaucoup sur l'autel de la passion.
Finalement, après 24 mois, je peux dire que cette blessure fut une chance, une épreuve bien plus enrichissante qu'une quelconque ligne d'arrivée franchie. Je vis.

Rag'

PS: Je n'ai pas tiré un trait sur la càp, néanmoins j'ai fait un énorme tri sur mes envies, mes motivations. Un jour peut-être... ou pas. En tout cas, j'ai furieusement envie de découvrir d'autres choses.

PS2: Je suis conscient que peu ou prou se reconnaîtront dans ce portrait d'un passionné. Malheureusement, j'ai bien peur d'avoir raison pour une énorme majorité..."

Voir les 12 commentaires

"Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien."

Par Rag' - 13-12-2011 19:04:57 - 8 commentaires

J-10

Ça y est, c'est fait. La lettre est postée. Plus moyen de reculer.

J'hésite depuis quelques temps à m'aligner sur une distance supérieure à 25 bornes uniquement armé de ma bite et de mes bâtons. Le choix fut assez facile. J'ai fait ma couille molle et je vais me taper 36 bornes et quelques sur une rando pépère de chez pépère.

J'aurais pu aller jouer le hamster compulsif aux 6 heures de Marchiennes, malheureusement je crains l'opprobe des puristes de la marche athlétique. C'est con comme réaction. M'enfin, j'en ai conscience...

 

J+2

Première fois.

PremièreS fois plutôt.

Premier CR depuis le début de mes pépins physiques, premier CR ayant pour thème la marche nordique, première sortie "officielle" à l'occasion de la Rando des 5 monts.

Cet évènement est organisé par l'école publique (j'y tiens) de Berthen (entre Boeschepe et Godewaersvelde, "Gode" pour les intimes. Très intimes. Genre DSK). La rando accueille près de 2 000 VTTistes sur quatre circuits (85 kms pour le plus long) et 1 000 randonneurs sur cinq circuits dont le plus long totalise 36 kms. C'est ce parcours que je décide d'entamer, il est à cheval sur la frontière franco-belge en parcourant les sommets enneigés de la Cordillère des Flandres. Je sais... Je la ressors à toutes les sauces cete fameuse "Cordillère" mais, n'en déplaise aux obsédés du D+ et autres Stakhanovistes de la pente à 75%, ici, ces monts sont vénérés, déifiés. D'ailleurs, une coutume ancestral veut que, chaque 16 juin, en hommage à Annie Cordy, nous sacrifions un couple de chômeurs et un pédophile (on les élève ici) en chantant du Plastic Bertrand et du Benny B., artistes ô combien adulés dans nos contrées.

 

C'est sans pression aucune que je me rends au départ de la rando. D'emblée, un constat s'impose:

  1. Stressomètre proche de 0: pas de chrono, ni de barrières horaires et encore moins d'heure de départ, c'est le pied total! C'est une rando pédestre, chacun est libre de choisir sa distance et démarre quand il le désire. Moi, j'dis ça, j'dis rien mais si le traileur lambda était si insoucieux des chronos et autres perfs, il se pointerait beaucoup plus souvent sur ce genre de manifestations. Balisage nickel, ravitos sympas et de la bonne humeur "en veux-tu, en voilà", que demander de plus? Des filles? He ben, y'a qu'à demander! La proportion de dames et demoiselles sur ces randos est laaaargement en faveur du beau sexe. Plutôt que de cotoyer une horde de mecs poilus, bourrus et dégoulinants de sueur, mon choix est vite fait...
  2. Une préparation kilométrée (en opposition à celles millimétrées effectuées les années précédentes). Aucune planification, que des kilomètres parcourus à la recherche d'un maximum de plaisir.
  3. Un équipement de warrior, je dirais même de "ranger", de Nordic Texas Walker Ranger! J'ai sorti toute la panoplie du parfait petit trailer: des pieds à la tête, ça pue le trail tendance ultra (seulement tendance hein!?): poche à eau, vêtements techniques et un tas de bricoles qui me semblent bizarrement bien plus utiles ici que sur d'autres épreuves où je courais. À commencer par les guêtres, autant ces dernières me semblaient relativement superflues en trail car je m'accomodais assez facilement d'un caillou dans la chaussure, autant, en marche, le moindre objet qui s'infiltre dans la godasse est un vrai calvaire. Et, par expérience, j'ai pu constater que cela arrivait beaucoup pus fréquemment en marche qu'en course. Même sur bitume! Ajoutez à cela le déroulé du pied qui vous fait apprécier la contondance du corps étranger... Je vous promets que les guêtres vous évitent bien des désagréments.

Passons les détails techniques et revenons à la rando proprement dite. Les organisateurs ont tellement bien fait les choses que randonneurs et VTTistes ne se croiseront que très rarement. Ça tombe car le peu de fois où j'ai pu en rencontrer, ce ne fut pas vraiment un plaisir... 

Je me dirige vers la salle où je retire le "roadbook", fiche plastifiée où sont inscrits une liste de numéros correpondant aux bornes qui jalonnent les chemins de randonnée des Flandres belge et française. On m'indique que le premier ravito est au 11ème kilomètre et que j'y repasserai au 29ème. On sent que l'organisation est bien rôdée, rien n'est laissé au hasard, tout ça pour 5€. Et à l'arrivée, j'ai le droit à un potje vleesch salade avec une bière. Pfiou! Dire qu'ils arrivent encore à dégager une belle somme pour financer les projets pédagogiques de l'école du village: les organisateurs sont tous les deux enseignants et les bénévoles sont les parents d'élèves, quel exemple de citoyenneté.

Je démarre donc sous un ciel gris et menaçant, par précaution, j'ai remisé ma veste coupe-vent et ai opté pour ma super Gore-tex "spécial CCC que j'ai pas fini". Très bonne idée sachant qu'en marchant, ça caille vraiment plus qu'en courant. En plus, y'a du vent! Bon, de la pluie, du vent, dans le Nord, c'est courant... mais c'est chiant.

Sur les premiers kilomètres, les randonneurs, quel que soit leur option de parcours, empruntent des tronçons communs et je dépasse quelques groupes. C'est l'occasion d'échanger un bonjour, des encouragements voire d'engager une courte conversation sur la marche nordique. D'ailleurs, je croise un groupe de jeunes femmes dont l'une d'entre elles s'exclame en me voyant: "ça, c'est vraiment le truc que j'aimerais essayer!". Je suppute que le "ça" désigne la marche nordique et non pas mon corps élancé de marcheur nordique déguisé en ultra jet set trailer. Un peu gêné par tant d'engouement, je joue le mec blasé et passe mon chemin. Une phrase me vient à l'esprit: "Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien" (merci Noir Désir, ou Nord Désir plutôt...).

Les kilomètres défilent et je ne double plus personne. Le temps se dégrade, un fin crachin jette un voile opaque sur la plaine environnante. Le parcours emprunte les chemins du Mont noir et du Mont Boeschepe que je connais pour les avoir pratiqués naguère. L'automne est passée par là, mais la clémence du temps en ce mois de novembre nous permet d'admirer le feuillage des essences d'arbres qui recouvrent les monts: chataigners, hètres, chênes sont majoritaires. Quel spectacle enchanteur! Du rouge, du jaune, de l'orange, les frondaisons éclatent de mille feux. Je vous fais pas un dessin, pas la peine d'en faire des tonnes, vous qui avez déjà vadrouillé, couru, marché, orienté ou forniqué en forêt savez à quel point Dame Nature peut être généreuse pour qui sait voir.

J'arrive au premier ravito et mon accoutrement interpelle les bénévoles qui s'y trouvent. Connaissant le merveilleux (sic) monde de la course, il me questionne sur les épreuves auxquelles j'ai déjà participé. Plutôt que de jouer les caïds ou les faux-modestes (vous vous reconnaissez?), j'embraye sur ma nouvelle passion et, tel Omar Sharif, je leur assène un "La Marche Nordique, c'est mon dada" qui réussit à égayer l'ambiance sous la tente. Une dame charmante est aux petits oignons avec moi et me propose de me sustenter à volonté afin d'entamer la plus grande portion de la rando, une boucle de 18 bornes où j'arpenterai le Mont Kemmel, en Belgique. Je quitte le ravito après 1h25 de marche.

Je vois encore moins de monde étant donné que je suis, à ce moment, sur la boucle exclusive du 36 bornes. Nous ne sommes qu'une quinzaine de randonneurs à avoir opté pour ce parcours. Les 15 kilomètres suivants sont extrèmement plaisants: les flancs du Mont Kemmel sont recouverts de prairies, de bois et de vignes (eh ouais, de vignes! Ne me questionnez pas sur le type de vin qui y est produit, je n'en sais foutre rien. À part que cela doit être une sacrée piquette... De la vigne dans les Flandres?! Et pourquoi pas de la bière à Bordeaux?). J'échange quelques mots avec un Flamand. Je tiens à saluer les Belges d'un "dag" plutôt qu'un "bonjour" frot inapproprié. Ça vous plairait qu'un anglais vous disent "good morning!" en plein Cantal? Ou cela vous traverserait-il l'esprit de dire "bonjour" en plein Madrid? Moi, non. Question de respect. Bon, c'était la parenthèse moraliste. J'en ai fini. Ouf.

Au kilomètre 25, je sens que les jambes tirent un peu, rien de grave mais la fatigue s'installe. Et la lassitude aussi, alors que je quitte le Mont Kemmel pour rejoindre le Mont Noir et son ravito par une longue ligne droite de 2 ou 3 km. J'arrive au ravito serein et passablement trempé. Non pas par la flotte qui tombe sans discontinuer mais par mon "jus". Je baigne dans mon jus, j'ai chaud mais le mopindre arrêt me refroidit illico. Je ne tarde donc pas: je remplis ma poche à eau. Je mange trois pruneaux, un epoignée de cacahuètes et zou! me voilà reparti pour les 6 derniers kilomètres. 

L'organisation a décidé de nous faire passer par la partie basse du Parc Marguerite Yourcenar du Mont Noir. J'ai beau avoir parcouru ces sentiers en long, en large et en travers, je suis toujours admiratif de la nature foisonnante et changeante suivant les saisons ou la météo. Arbres centenaires, parterres de fleurs sauvages, fruitiers dénudés par l'automne, prairies de fauche, toute cette flore inspire le calme et la sagesse. Pas étonnant que ce parc Yourcenar accueille la villa du même nom, résidence d'écrivains. Sûr qu'ils y trouvent la sérénité et la beauté nécessaires à toute production littéraire.

Alors que je longe une nouvelle fois une plantation typique de houblon, j'aperçois la salle des fêtes de Boeschèpe. Les deux derniers kilomètres sont une formalité sans intérêt. Je suis pressé d'en finir, heureux de n'avoir ressenti aucune gêne et d'avoir pu trottiner dans les descentes. J'espère peut-être pouvoir courir en 2012, sait-on jamais...Je suis accueilli à la salle par Manu qui possède le magasin Horizons Nature  à Villeneuve d'Ascq près de Lille. Nous blaguons et parlons matos de Marche Nordique. J'en profite pour me descendre une petite binouze bien agréable!

Pour l'instant, cette rando est la première étape vers mon objetcif principal en 2012: les 100 kms de Steenmachin.

 

Je vous donne RDV en mars lors des 6 heures de La Gorgue où j'affronterai une nouvelle fois...

 

...LA DAME QUI CRIE.

Voir les 8 commentaires

Métaphysique du PQ

Par Rag' - 15-06-2011 00:17:11 - 9 commentaires

Il est de rares moments dans la vie où l’Homme sent, à joie ou à regret, qu’il fait partie d’un grand tout. Du Grand Tout. Où le temps et l’espace sont abolis, où l’expérience vécue le lie à d’autres humains de par le monde et l’Histoire avec un H majuscule.  Le sentiment d’universalité est à son paroxysme, il est LE monde, il est l’Histoire. Il vit. Il ressent ce que des milliers voire des millions d’êtres ont su transmettre à travers des histoires que l’on se narre de génération en génération. Siècle après siècle les histoires sont devenues des légendes, et les légendes des mythes. Et chacun de trouver dans ces contes fantastiques sa propre réalité, sa propre interprétation de l’expérience.

J’ai vécu ce genre d’expérience.

Pendant cinq minutes qui furent une éternité.

Dans un mètre carré qui fut mon univers.

C’était une journée comme les autres. Ces journées rassurantes de banalité dont le souvenir est aussi marquant qu’une interview de Carla Bruni. Comme à mon habitude, je m’étais pointé au boulot à 9 heures tapantes. Après un tour des différents bureaux afin de signaler ma présence et d’honorer la gent féminine d’un chaleureux « bonjour » et d’une accolade sensuelle, je décidai de me mettre activement au boulot (ne riez pas…). Il ne fallut pas plus de dix minutes pour qu’une irrépressible envie m’étreigne les intestins… (Ne sentez-vous pas l’universalité ??)

Je me dirigeai donc vers les commodités réservées au personnel. Le pipi-room est nickel-chrome, rien à redire. Je travaille dans un foyer d’accueil pour enfants et l’on ne plaisante pas avec l’hygiène. J’entre et appuie sur l’interrupteur. Il est temps d’effectuer un petit check-up rapide du lieu d’aisance :
-          contrôle olfactif : OK (c’est important car il est bien connu que c’est comme les gosses, on supporte que les siens),
-          contrôle visuel : OK, c’est clean ;
-          contrôle lunette WC : OK. Super important le contrôle !!! Il existe toujours des pistoleros de la miction qui ont vite fait de te saloper tout ça. Heureusement pour moi, une écrasante majorité féminine fréquente ce lieu. CQQFD.
-          contrôle PQ : le contrôle qu’il ne faut pas négliger ! Le tout n’est pas qu’il y ait du papier, c’est qu’il y en ait assez ! On ne la fait plus à moi. J’ai bourlingué mes fesses sur des centaines de gogues de France et de Navarre et j’ai acquis une certaine expérience qui me permet d’aborder la chose d’une humeur guillerette. Je suis confiant. Je tends la main vers le dévidoir à papier, mes doigts en extension vers l’orifice inférieur du distributeur et je constate que le rouleau vient d’être remplacé. Que demande le peuple ? Quatre cents mètres de papier toilette rien que pour moi ! Je ne crains rien… Le pensai-je.
Le fameux dévidoir à PQ

Et là, vous me dites : « Et l’éternité ? L’universalité ? Le Grand Tout ? ».
Je vous réponds : « Ça vient, ça vient.. ».

Passons les détails de l’action elle-même. Je ne vais pas vous faire un dessin, je ne fais ni mieux ni pire, je n’ai rien inventé.

L’expérience métaphysique commence ici-même. Mon passage dans ses toilettes touche à sa fin. Ne reste plus qu’à me saisir du fameux papier toilette et d’effectuer la sale besogne. Le futal sur les godasses, je tends une nouvelle fois la main vers le distributeur mais, cette fois-ci, avec la volonté d’en retirer quelques feuilles bien pliées. Je touche le rouleau, le tâte dans le but de trouver la salutaire languette, fin morceau de papier signalant le début des quatre cents mètres de PQ. Quatre cents mètres, imaginez-vous !

Rien. Pas de languette. Du bout de l’index et du majeur je fais tourner le rouleau autour de son axe à la recherche de la feuille initiale. Le rouleau est lourd, puisque neuf, il tourne difficilement et je dois m’armer de patience et de dextérité afin de parcourir minutieusement tout la surface du cylindre. L’exercice n’est pas facile, le rouleau n’est pas très équilibré et il a tendance à « s’emballer » et à se lancer dans une folle pirouette sur lui-même. Au bout d’une révolution, je ne m’inquiète pas ; j’ai dû, impatient, faire preuve de négligence et n’ai pas su trouver le bout tant attendu. Deux révolutions plus tard, l’agacement fait place à l’impatience. « Putain ! Mais c’est quoi ce bordel, merde ! » murmuré-je. Je mobilise alors toute mon attention ; de mes cinq sens, le toucher est le plus affûté. Je glisse les doigts sur la surface du rouleau à la recherche de la moindre aspérité, du moindre relief qui pourrait trahir la présence d’un soupçon de début de commencement. Je retiens mon souffle. Je suis le doigt d’un aveugle sur une page blanche. Dans l’expectative de signes en braille qui signifieraient : « Vas-y, fais-toi plaisir et tel Gargantua équipé d’un oison duveteux, torche-toi le cul. »

Toujours rien. Ce n’est pas possible ! C’est irréel ! Un rouleau, ça a un début et une fin. Une première feuille et une dernière. Deux faces. Dont une molletonnée que diable ! Se peut-il que je sois en présence d’une bizarrerie mathématique ? Le ruban de Möbius, ça vous dit quelque chose ? Une bande papier qui n’a qu’une seule face ! Et qui dit une seule face dit pas de début ni de fin, on y tourne à l’infini. L’INFINI ! Mais j’ai autre chose à foutre que de tourner ce rouleau à l’infini sans pouvoir me délecter du doux contact du papier sur la peau délicate de mes fesses !!!

Ruban de PQ de Möbius


J’ai à portée de main quasiment un demi-kilomètre de PQ et je ne peux pas m’en saisir. Qu’ai-je fait pour mériter tel supplice ? Qui veut me punir pour quelque péché ? Dieu existe-t-il ?
Et c’est alors qu’une image vient éclairer ma douleur, mon désarroi. Je vis un mythe. Je suis Tantale, personnage mythologique qui dut subir le supplice de ne pouvoir ni manger ni boire, les branches des arbres fruitiers s’écartant et l’eau refluant chaque fois qu’il tentait de se nourrir ou d’épancher sa soif. Je suis le Tantale moderne. Le PQ se refuse à moi, tour après tour… Sacré Zeus ! J’ai pourtant fait bouillir personne comme le Tantale des Grecs. L’anthropophagie, c’est pas mon truc. Et les repas avec des dieux, je trouve ça mortel.
Tantale et l'arbre à rouleaux de PQ

Qui peut bien m’en vouloir ? Je reprends difficilement mes esprits et ma quête de la languette. Inlassablement je tourne et glisse. Je recommence plusieurs fois sans succès, essayant de créer moi-même une brèche dans le rouleau. Ça ne marche pas, je n’ai pas d’ongle et la surface est trop lisse. Je tourne, et tourne, et tourne…  Je … Je... Je ne suis pas qu’un Tantale moderne, je suis doublement puni ! Je suis Sisyphe, autre figure mythologique qui fut condamné à faire rouler éternellement un rocher jusqu'en haut d'une colline dont il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet. Crévindiou !
JE SUIS TANTALE ET SISYPHE.
Sisyphe moderne et son rouleau de PQ

Mon rocher est ce rouleau de PQ et ma colline ce distributeur. Mon calvaire prendra-t-il fin un jour ? Les dieux se montreront-ils cléments  mon égard ? Jamais ces mythes n’ont eu autant de signification à mes yeux. Jamais je ne me suis senti aussi proche des antiques Grecs. Homère, Sophocle, Aristote ! Mes frères ! Mes amis ! J’ai compris ! Merci, Platon, des choses et de moi-même, je ne connaissais que les ombres projetées sur les murs de ma caverne. Des sons, je ne connaissais que les échos. Merci.

Alors que les minutes s’égrainaient et que mon supplice me poussait à imaginer le pire : mourir les fesses à l’air (pas propres en plus !), appeler à l’aide et couvrir de honte ma famille pour trente générations, remonter mes loques… l’improbable arriva. Mon index effleura une minuscule aspérité. Mon salut allait passer par là. Je m’échinai à gratter ce mince espoir et, à mon grand soulagement, la feuille prodigue se détacha. Le calvaire était fini. La sueur perlait sur mon front, ruisselait entre mes épaules et roulait jusqu’à la naissance de mes fesses. La température à l’intérieur de cet espace exiguë rendait l’atmosphère irrespirable. Bon, y’avait pas que la température, mais bon, vous savez, c’est comme les gosses… La parenthèse dans l’espace-temps avait pris fin.

Je sortis des toilettes encore abasourdi d’avoir vécu ce que nos Grecs anciens ont transformé en métaphores, ont sublimé en mythe. Quelle expérience, mes amis !
 
 
 

Voir les 9 commentaires

C'est un jardin extraordinaire...

Par Rag' - 06-06-2011 20:56:39 - 16 commentaires

À l'instar de certains membres éminents de ce forum j'ai une soudaine et irrépressible envie de vous faire découvrir mon jardin, lieu féérique où se cotoyent lapins et hérissons, crapauds et grenouilles ainsi que grives, merles et autres passereaux.

 

"Damn motherfucker! My tailor is not rich but my garden is magic" m'écriai-je alors que je compulsais avidement "Le béton armé et moi", une biographie posthume de Lady Diana. D'un bond, je me levai de mon rocking-chair en bretzel et me mit à fredonner la célèbre chanson de ce vieux Charles Trénet non sans m'être équipé de mon APN...

"C'est un jardin extraordinaire:

Il y a des canards qui parlent anglais.

Je leur donne du pain, ils remuent leur derrière

En me disant "Thank you very much, Monsieur Trenet". ..."

 

 

 Il ne me fallut parcourir que quelques mètres pour admirer une coccinelle roumaine à dos moucheté, espèce invasive d'Europe de l'Est qui a la fâcheuse habitude de kidnapper les femelles pucerons et de les prostituer dans les clubs privés tenus par ces enculés de bousiers.

On peut observer les couleurs chatoyantes de cet insecte. Mais ne nous méprenons pas, ces couleurs vives ont pour but de signifier à tout prédateur: "Passe ton chemin, pied tendre! Je suis complètement défoncée à la colle à rustine et si tu me bouffes, tu risques une chiasse du tonnerre de dieu!"

 

Plus loin, j'entends le son mélodieux d'un passereau et, tel le guépard tapi dans les hautes herbes, je m'approche furtivement du bel oiseau. C'est une mésange Tournepelle à collerette bicolore. J'arrive à la photographier juste avant son envol, son nid ne doit pas être très loin. La mésange pond de 6 à 8 oeufs cubiques de couleur bleuâtre. "Cubique?"  vous écriez-vous. Eh oui! c'est pour cela que cette espèce est très rare: les femelles passent un sale quart d'heure et résistent rarement à l'épreuve de la ponte.

 

Juché sur un poteau, un oiseau nocturne me fait l'honneur de se dévoiler au grand jour. Une chouette Khagneuse des Flandres m'observe de ces grands yeux. Cet animal placide au regard quasi-mystique fut pourtant associé pendant des siècles à la tromperie et la rouerie, et considéré comme l'animal de compagnie des sorciers et sorcières. Elle est aussi associée à Athena, déesse de la sagesse et de l'intelligence, d'ailleurs on peut aisément observer sur la photo la coiffe caractéristique des animaux qui ont fait des études.

 

La chouette Khagneuse des Flandres prête à fondre sur sa proie dès que la nuit sera tombée...

 

Oh, mais qui voilà? Mon pote lapin venu grignoter quelque écorce de jeunes pousses tendres. Coquinou, va! On remarquera qu'il revêt encore sa tenue d'hiver tant il est vrai qu'on se pèle gravement les couilles dans le Nord. Même pour des lapinous!

 

Je ne vous ai pas encore parlé des animaux domestiques qui peuplent mon jardin.

Bucéphale, mon âne lilliputien se sustentant dans l'agrainoir à poules.

 

Godzilla, mon oie domestique qui me fait l'insigne honneur de pondre devant mon objectif.  J'ai sauvé Godzilla d'une mort certaine en lui greffant un coeur de poulet et des pattes de héron. Même si la honte l'étreint à l'idée de déambuler sur ces échasses parmi ses congénères, elle ne m'en est pas moins reconnaissante de lui permettre  de se la péter grave dans les soirées huppées de l'Houtland.

 

Je vous présente mon troupeau de vaches folles.

 

De gauche à droite:

Doudou du fiston, Salers kifémeuh, Sigfried Von Holstein

Au premier plan: 

Montbéliarde aux gros pis

Je m'éloigne assez rapidement car le taureau Salers (oh les belles cornes!) semble ne pas apprécier mon intrusion dans leur vie privée... 

Justement, de vie privée, parlons-en! J'ai adopté, il y a peu, un couple d'animaux nymphomanes. Voués à l'abattoir, j'ai remué ciel et terre pour récupérer ce couple si attachant.

 

On peut les admirer durant leurs ébats. Je me demande même parfois s'ils n'ont pas fréquenté une famille de Bonobos... Leur imagination d'un point de vue sexuel est tellement foisonnante.  

 

Rhoooo, le cochon! Mais faut dire que la brebis est une sacrée chaudasse.

Mon jardin est aussi un lieu d'observation d'animaux sauvages plus connus du grand public.

Je peux, en m'approchant à contre-vent, observer un gros mâle sanglier occupé à se goinfrer de baies rouges. 

 

L'animal est en confiance tout occupé qu'il est à se remplir la panse de mes groseilles. L'enculé. 

 

Ce vieux mâle est un solitaire, une bête puissante et armée de grès impressionnantes!

On aperçoit au premier plan, planquée derrière les hautes herbes, une bête rousse (jeune sanglier de l'année) qui semble s'être égarée.

 

Ouh la, il s'approche! Il m'observe de son oeil retors et vicieux. Vite, fuyons!

 

Autre solitaire tapi dans des broussailles impénétrables.

Spectacle magnifique: un cerf, une biche et son faon se délectent de framboises géantes. Oui, nous sommes chez Walt Disney! Avec un pote sanglier, en sus (scrofa). Mon jardin est magnifique, j'vous dis!

 

Malheureusement, la nature est ainsi faite, les prédateurs ont aussi leur mot à dire.

Alors que j'observe mes nombreux moutons... Un basque et un Pied-noir, j'aperçois derrière eux un lapin quelque peu bizarre. Son attitude de lapin-qui-est-tout-mignon me semble passablement forcée... (flèche rouge)

 

Sacrebleu, ce n'est pas un lapin! C'est le prédateur ancestral du mouton: non, pas le loup, y'en a pas par chez moi, faites un effort nom de dieu! C'est un ours. Un ours déguisé en lapin! Le fourbe!

 

Son costume est grotesque et il y a un détail qui ne trompe personne, moi en particulier: une oreille dépasse! (flèche rouge)

Mais il est déjà trop tard, l'ours fond sur sa proie, l'égorge et s'éloigne vers sa tanière, un agneau dans la gueule. Je le suis à distance raisonnable afin qu'il ne me repère pas, ma vie serait alors en danger. Rien de pire qu'un animal qui défend sa pitance. Même travesti en lapinou.

Il apporte son butin dans son repère où l'attendent d'autres de ses congénères. Une énorme femelle plantigrade se délecte de la chair si tendre de l'agnelet.

 

On reconnait la femelle car elle est coquette (petit noeud auour du cou et couleurs affriolantes). À sa droite, un jeune mâle facilement reconnaissable à son accoutrement qui témoigne d'une absence criante de goût vestimentaire: il porte un maillot rouge sans culotte, la honte.

 

 Pauvre agneau!

Alors que je m'éloigne de ce triste spectacle, je reste ébahi à la vue d'un étrange animal se balançant cà et là. Un singe Babouche de Doranaisie a élu domicile dans mon cerisier! Quelle veine! Je m'efforce de ne pas trop l'effrayer en ne faisant aucun geste brusque. Je réussis à prendre quelques clichés avant qu'il ne disparaisse dans les hautes frondaisons des arbres centenaires bordant mon jardin.

 

 

Quel déconneur ce Babouche de Doranaisie!

Voilà, c'est tout. En espérant que vous soyez convaincu que mon jardinet soit le plus merveilleux du monde!

 

Voir les 16 commentaires

Maçon, une discipline pas comme les autres...

Par Rag' - 03-03-2011 09:10:01 - 16 commentaires

Interview retranscrite du magazine "Truelle Passion" sur la chaîne lusophone Caldo Verde Uno.


Truelle Passion: Maintenant on va aller à la rencontre d'un maçon, un vrai, celui-là! Il s'appelle Armando Oliveira Da Santa Cruz. Il pratique une discipline qui s'appelle le Tru-ail, ça consiste à construire des murs en pleine nature, quel que soit le type de terrain.

Armando: À quarante ans, yé chouis arrivé à oune tournant dé ma vie, dé mon mode dé vie. Et yé décidé dé faire dé beaux mours, de plus beaux mours encore.

Truelle Passion: Armando est ce qu'on appelle un Tru-aileur. Il manie la truelle et la brouette dans les grands espaces, là où il n'y a pas forcément de fondations en béton armé, là où il se sent libre de bâtir, libre d'être en harmonie avec la Nature, avec son propre corps et sa salopette Leroy Merlin.

Armando: Y'essaie dé trouver la paix en moi, yé veux dire... et dé véhiculer certaines valeurs. Yé veux dire... Tout autour dé ça, la sayesse, l'houmilité, la satisfactionne dou travail bien fait... Et le respect dé l'environnement. Un beau mour en briques et mortier au milieu dé la Natoure, ché magnifique. Y'essaye d'être en phase avec ma bétonnière et ce que yé découvre.

Truelle Passion: Pendant des années, Armando a été chef d'équipe de nombreux maçons dans des entreprises du bâtiment. Lassé par le monde de la construction en parpaings alvéolés, il a choisi une toute autre voie: bâtir pour lui-même, bâtir pour le plaisir, bâtir partout, dès qu'il le peut sans rechercher la perfection.

Armando: Là où yé me sens lé mieux, c'est ici.... yé veux dire.... c'est au pied dé cé mour en  pierres et torchis. Yé prends dou temps à contempler cé qui est yoli. Yé pars pas, yé veux dire,  pour oune aventure, oune grosse maison de 200 m² habitable. Yé m'arrête, yé pose ma trouelle et yé contemple cé qu'il y autour dé moi.

Truelle Passion: S'il parle lui-même de "souffranche pochitive", c'est qu'il ne faut pas leurrer, ça n'est vraiment pas fait pour les bricoleurs du dimanche. Il faut du bon matériel, un bon niveau à bulle et surtout un bon coup de truelle, vue la nature du terrain. Pourtant Armando ne malmène jamais son matériel. Qui veut bâtir loin, ménage son matos....

Armando: Yé touyours voulou garder cé plaisir, et comme yé plein' dé proyets, yé veux dire..., qui sont en moi, yé né peux pas mé permettre d'abîmer mes outils, dé mé détrouire. Il faut qué yé fasse de la mécanique, qué yé m'intéresse à ce qué yé fais, comment les mours, ils fonctionnent et tout ça... Yé peux pas faire n'importe quoi.

Truelle Passion: S'il ne vise pas les chefs d'oeuvre architecturaux, Armando se fixe pourtant des objectifs ambitieux. Parmi ses projets les plus intenses, il devrait participer à la construction du plus grand mur du monde qui a lieu à la frontière entre les USA et le Mexique: plusieurs milliers de kms de béton armé!
Mais son grand projet, c'est la rénovation de la Grande Muraille. Un voyage au bout du monde où le but ne sera pas uniquement de bâtir seul mais bien d'aller à la rencontre d'une population aux méthodes de construction et aux matériaux bien différents de notre société.


Truelle Passion, février 2011.



Pour celles et ceux qui ne saisiraient pas tout, je fournis le lien de la vidéo qui m'a inspiré cette pastiche.

 

 

 

Voir les 16 commentaires

The end.

Par Rag' - 02-12-2010 11:58:33 - 7 commentaires

Au revoir et merci à toutes et tous qui m'ont lu et ont su m'apprécier durant ces quelques années. Ce blog est fermé.

 

Et j'emmerde par la même occasion ceux qui m'ont bien fait chier.

 

Fin.

 

 

PS: L'avenir nous dira si la flamme renaît. 

 

 

 

Voir les 7 commentaires

Des chiffres et des lettres... surtout des lettres.

Par Rag' - 11-08-2010 20:42:07 - 7 commentaires

"11 lettres

-INFATUATION"

 

A placer plus facilement dans le forum que sur un plateau de scrabble...

 

Comprend qui peut. 

 

Ou qui veut...

Voir les 7 commentaires

Second degré ou Premier degré et demi...

Par Rag' - 17-06-2010 16:21:36 - 5 commentaires

"Si, comme on peut le penser, les diagnostics sont exacts, le résultat de mon énième visite chez le toubib vient de tomber comme un coup de tonnerre. Voir l’extrême droite  de ma jambe présenter 100% de tendinite et son principal inconvénient m’empêcher d’affronter mon échéance du second tour est un signe très inquiétant pour la Rag’ Attitude et pour ma famille. Ce résultat, après cinq années de travail physique entièrement voué à mon loisir, est profondément décevant pour moi et ceux qui m’ont accompagné dans cette action. Je reste fier du travail accompli. Au-delà de l’utopie et de l’incapacité à gérer cette crise qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conséquences en me retirant du monde de l’Ultra après la fin de l’année scolaire. Jusque-là, je continuerai naturellement d’exercer ma fonction de chef de famille. J’exprime mes regrets et mes remerciements à tous ceux qui m’ont soutenu et je salue les FBBG que j’ai représentés de mon mieux pendant ces cinq mois. J’invite les Blue Fuckers et l’Esprit Trail à se mobiliser et à se rassembler dès maintenant pour les épreuves décisives afin de préparer la CCC. "
 
Merci à Lionel J.
 
Comme Jean-Moktar Herta le dit si bien: "revenons aux choses simples."

Voir les 5 commentaires

J-1

Par Rag' - 31-05-2010 10:53:03 - 7 commentaires

Après une mise en stand-by de plus de six semaines et un crash de toute beauté (on aurait dit le Concorde... "Ouh la, quel bel avion! ... Mais!? Mais?! Waaaoouuuuhhh, quel putain de crash!!! Tiens, une jambe?") lors de Steenwerck 2010, je rechausserai les groles ce mardi 1er juin.

Fébrile, impatient et craintif, la tension est à son apogée: RECOURRA-T-IL UN JOUR???

Il faudrait interdire les tendinites. J'vous l'dis, c'était mieux avant... Avant l'augmentation de la recrudescence des tendinites.

Voir les 7 commentaires

Haut de page - Aide - Qui sommes nous ? - 0.11 - 63611 visites