KikouBlog de Rag'
Rag'

Sa fiche

Enfin un CR Rag'eur!!!

Par Rag' - 19-03-2016 14:41:23 - Aucun commentaire

En mode Speculoos, Maroilles et consanguinité, et en direct des (très) Hauts de France:

 

Le North C Trail by Rag'


Enjoy the Rag'

Same player, shoot again.

Par Rag' - 11-02-2016 20:19:34 - 10 commentaires

Ayé, j'ai mis à jour ma fiche K. Pfiouuu, ça faisait bien 4 ans que je n'y avais pas touché.

"Pourquoi maintenant?", vous demandez-vous. Ou pas.

Voilà presque 6 ans que j'ai dû posé un mouchoir sur mes prétentions de coureur à pied. Tel Icare se gaufrant royalement alors qu'il se rapproche dangereusement du Soleil, j'ai bâché quelques mois avant la CCC, THE objectif,  un adoubement foiré en quelque sorte.

 J'ai repris très doucement la course à pied en 2013, après être passé par la case Marche Nordique. Même si j'étais loin d'avoir réglé mes pépins physiques, trottiner à nouveau me permettait d'espérer...

La quête de performances (chronométriques, kilométriques) n'étant plus à l'ordre du jour, j'ai trouvé la motivation pour chausser les runnings dans le froid, l'obscurité ou la flotte (voire les trois à la fois) en rejoignant le club de course à pied de la "ville d'à côté". Je m'y suis investi pleinement et m'y suis épanoui, ma modeste expérience au service de tous.

Cette semaine, j'ai entamé un plan de préparation pour le marathon d'Anvers où j'accompagnerai des amis pour leur premier marathon. C'est ce que je préférais dans la course à pied, la préparation.

Aujourd'hui, troisième jour d'affilée où je cours seul, effort solitaire que je ne pratiquais plus depuis 2 ans. Et, à ma grande surprise, les sensations que je croyais avoir perdues et ne plus pouvoir apprécier, sont revenues: flashback existentiel.

Et plutôt que de polluer ma page FB de mes états d'âme de coureur à pied, je suis revenu là où tout a commencé.

Beaucoup plus à l'écoute de ma carcasse (qui me l'a bien fait comprendre...), j'ai troqué le "Courir vite (et loin), se blesser jeune" contre "Qui veut aller loin ménage sa carcasse".

À bientôt, j'espère.

 

Rag'

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Les Punks à Crêtes

Par Rag' - 15-07-2014 18:29:26 - 8 commentaires

J'ai quelques difficultés à entamer ce récit et ce, pour plusieurs raisons:

- l'absence totale d'angle d'attaque original;

- une modification de ma "philosophie" vis-à-vis des épreuves et de la course à pied en général;

- une flemme royale.

 

Mais je vais quand même m'y atteler.

 

Je vous épargne le long et douloureux feuilleton qui m'amène à rechausser mes groles de course à pied il y a une dizaine de mois. Des footings hebdomadaires de 5 km à 8km/h jusqu'aux sorties de 2 heures à 9-10 km/h, j'ai dû m'armer de patience avant de pouvoir prétendre à m'aligner sur une épreuve. Ce fut chose faite en avril en compagnie de François From Arras - quel plaisir de franchir une ligne d'arrivée avec un pote - puis en mai lors du Trail des Trois monts. J'en ai chié un peu à chaque fois mais 4 années de "pause blessure au dos et à l'âme" ont sérieusement entâmé mon potentiel kilométrique et kilométrique.

En mai, je propose à toute la bande d'éclopés des Blue Fuckers (sponsorisés depuis 2010 par URGO, Synthol, SPASFON, Cymbalta, HANSAPLAST, Jouvence de l'Abbé Soury, etc.) de se réunir pour une petite coursette dans le Hainaut belge.

Notre choix se porte sur le trail des Crêtes de l'eau noire à Pesche, 33 km et un millier de m en D+: une bonne petite épreuve de "reprise".

Malheureusement, je déplore le desistément de nombreux éminents éclopés et c'est un trio de warriors qui s'alignera au départ: le Ware, le Pascal et votre serviteur.

L'organisation est au top, dois-je le préciser tant il est connu que nos amis d'Outre-Quiévrain sont des virtuoses dans ce genre de manifestation? Inscription via leur site, pas de faux certificat médical à fournir (sic), une pasta party, des douches prévues, des ravitos, dossards à puce, etc. Je dois avouer que je n'ai retrouvé ce type d'organisation que sur un autre trail belge (La Bouillonnante) et sur la CCC (mais là tu laisses tes économies de l'année rien que pour l'inscription et la logistique...).

Le départ est donné à 10 h et nous nous élançons de la cour d'une gigantesque école. Le ciel est nuageux mais la température plutôt clémente.

Nous nous retrouvons très vite avec le serre-fil qui nous sert de guide touristique. Les paysages sont magnifiques, je me prends à m'imaginer dans le Cantal à la vue de certaines maisons en pierre! Ça grimpe, ça descend, nous franchissons à plusieurs reprises un cours d'eau dont l'eau fraîche est un bienfait pour les pieds et mollets. Les sentiers serpentent à flanc de collines au beau milieu de bois de chênes, de hêtres et de quelques résineux. J'ai de très bonnes sensations, mon rythme de sénateur me convient parfaitement. J'ai enfin appris à courir lentement!

Les ravitos (km 10 et km 23) sont complets, même en étant à la dernière place!

Je boucle les 33 km en un peu plus de 5h, je ne suis pas trop entamé même si les genoux commençaient à couiner dans la descente vers Pesche. Je suis avant-dernier, ça me convient très bien tant il est agréable de courir sans des hordes de coureurs soufflant et éructant autour de soi.

À l'arrivée m'attendent ma femme et mes enfants, le Ware et le Pascal. La portion de pâtes est engloutie tout en étant à l'écoute du tirage au sort qui clôture l'épreuve.

Le bilan est très positif et cette expérience en Belgique ne demande qu'être reproduite.

Courir sans désir de performance, même modeste, est libérateur.

Vivre la course de l'arrière est beaucoup moins stressant.

Être dernier a quelque chose de jouissif.

 

Désolé pour le CR minimaliste, je ne suis pas inspiré et vous décrire ma course par le menu me saoule très vite.

 

Un petit clin d'oeil au Ware: "C'était vraiment pas mal cette course!"

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Chronique

Par Rag' - 27-04-2014 21:15:00 - 8 commentaires

Salut à toutes et à tous,

 

Ça y est , j'ai recouru ma première épreuve depuis plus de quatre ans, un petit trail bien sympa par chez moi. J'utilise l'adjectif "sympa" mais si j'avais dû courir au milieu d'une zone industrielle sous la flotte avec un vent à décorner les cocus et une température frisant le 0, ça aurait été tout aussi sympa. Primo, je courais avec un de mes précieux amis, secundo épingler un dossard sur ma bedaine que j'ai laissé pousser (comme la barbe) m'a définitivement remis le pied à l'étrier, même si l'étrier appartient à un poney nain asthmatique... 26 bornes sans trop de difficultés, beaucoup de plaisir, une petite renaissance en quelque sorte et François pour m'accompagner. Que demander de plus?

Depuis quatre ans, je vois que pas mal de choses a changé dans le merveilleux monde du trail "que c'était mieux avant et encore mieux avant". Beaucoup plus de dates pour gambader çà et là et surtout, des organisations qui n'ont plus rien à envier aux courses sur route... Il fut un temps où le Trail auréolé d'une virginité ô combien indiscutable s'opposait sempiternellement au démon de la route... He ben, j'ai bien l'impression que tout le monde est définitivement sur un pied d'égalité. Encore que ça ne m'étonnerait guère que la bonne humeur des courses dites "au saucisson", les 10 bornes bien bitumeux sont devenues plus "roots", plus populaires que n'importe quel petit trail du fin fond de la cambrousse tant la débauche de moyens est ahurissante. 

Bon, je m'arrête là. Pardonnez-moi, j'aime l'ironie et les sarcasmes.

Ceci dit, depuis quelques semaines, je me prends à fréquenter à nouveau le forum et ses sujets. He ben, j'ai pas été déçu! Quelle tolérance, quelle ouverture d'esprit!

Du post où on se fout d'la gueule des coureurs qui se "mudisent" la gueule dans une Frappadingue à coups de billets de 50 roros. Rhooo, que c'est cher!! Que c'est commercial!!! Et en plus, ils veulent aller faire des tours de piste dans un stade couvert!! Mais qu'ils sont bêtes alors! Heureusement que nous, on est plus intelligent. Il est vrai que le trail s'est préservé de toute pression commerciale... Hein!? des pompes à 150€, des vestes à 250, 300 voire 400€? Et des GPS, au cas où on se perd..., à 400€? Des boissons énergétiques et poudre de perlimpinpin qui coûtent un bras et une hypothèque de la baraque? Non, je ne vois vraiment pas où vous voulez en venir... Non, mais, des fois, et puis, tourner en rond à la queue leuleu, c'est complètement con. Nous on préfère faire des 24h sur des boucles de 1km et/ou jouer au petit train autour du Mont Blanc, c'est plus joli. Et puis, on ne se laisse pas avoir par toute cette société de consommation! Non, mais des fois!

Ce qui me permet de rebondir sur le sujet des méchants GPS qui sont très chers, très très chers et qu'on n'est prêt à tout casser car "faut pas me prendre pour un con, j'en achète tout le temps et je suis super déçu! Je suis pas une vache à lait quand même!" Bah si.

Je vous épargne le duel trail/marathon: qui c'est le plus dur? Bah, ça dépend. Mon fils de cinq ans me demandait souvent du requin ou du tigre, qui c'était le plus fort? Bah, j'avais beaucoup de mal à répondre. Faudrait peut-être qu'il réponde sur le forum, mon marmot?

Qu'est-ce que je rigole! Tant de fraîcheur!

Bon, je suis quand même bien content d'être ici. C'est le plus important.

À bientôt.

 

Pour un CR peut-être.

 

Rag'

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On ze road again

Par Rag' - 16-03-2014 19:32:54 - 4 commentaires

Le Rag' is back!

 

Lentement but back quand même.

 

Tant pis pour vous.

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Citius, Altius, Fortius, Fatuitus

Par Rag' - 04-05-2012 20:23:54 - 12 commentaires

Ça fait un bon bout de temps que je ressasse le sujet, que je gamberge à propos de cette fuite en avant qui anime le monde de l’Ultra - dont je ne cherche plus à faire partie. À la lecture de quelques récits, de fora dédiés à la course à pied ainsi que de blogs tenus par des fanatiques du « toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus dur », mon sentiment s’est sensiblement modifié : de l’étonnement, je suis passé à de l’ébahissement voire à de l’envie, pour finalement en arriver à me poser la question : « Quel est l’intérêt de cette quête du « toujours plus » ? Quelle est la motivation qui anime ces individus ? ».

Mes réponses, loin d’être objectives, n’en sont pas moins inquiétantes car l’insatisfaction  semble prévaloir dans cette recherche de limites. D’une pratique de la course à pied qui voulait s’affranchir de la dictature du chronomètre l’on en arrive à une dictature de la distance et du dénivelé.

Un marathon en 4h ? La prochaine fois, ce sera en 3h45. Puis en 3h40. Puis en moins de 3h30. Etc.

Un trail de 30 bornes ? La prochaine fois, ce sera 50. Puis 70. Puis 90. Etc.

Je vous épargne les estimations de D+.

Ce carcan chronométrique insupportable pour les prosélytes du trail, de l’ultra ou de l’ultra-trail se retrouve transposé sous forme de kilomètres. Et toujours impossible de se défaire de ce fameux chrono ! Les barrières horaires sont là pour le prouver. Parcourir une distance en un temps imparti, quelle différence avec le marathonien qui cherche à performer ? La performance quantifiable est omniprésente, impossible d’y échapper même si certains se voilent la face et continuent à se bercer d’illusions quant à la supériorité d’une pratique sur l’autre.

Chacun est libre de ses choix, rationnels ou pas. Je n’ai pas à porter un jugement de valeurs sur ce comportement néanmoins, je peux lire régulièrement des propositions de parcours que je trouve aberrantes. La « Lyon SaintéLyon » ou le futur ( ?) Double Écotrail (Tour Eiffel - Départ - Tour Eiffel) en sont de malheureux exemples. Lorsque l’on est capable de se taper 150 bornes en courant, quel est l’intérêt de parcourir un trajet en aller-retour ? Personnellement, j’irais plutôt me mitonner un tracé bucolique si j’avais cette capacité physique. Pourquoi choisir une course célèbre comme support de cet A/R ? Se frotter à d’autres coureurs, histoire d’en épater plus d’un ? Chercher l’assentiment de pairs ? La reconnaissance plutôt que l’anonymat ?

Au mieux, c’est un manque d’imagination, au pire de la vanité.

 

Rag'_dubitatif

PS: Cette vaste (et double) question mériterait qu'on s'y attarde sur le forum. Malheureusement, polémique et internet ne font pas bon ménage.

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Salubrité publique

Par Rag' - 21-03-2012 08:51:13 - 12 commentaires

Étant donné le nombre nul de réponses à ce billet, j'estime que le message a fait mouche et que ce serait faire oeuvre de salubrité publique de le publier sur ce blog.

En attendant vos remarques et critiques constructives -comme toutes celles du forum (sic)- je vous souhaite bonne lecture ainsi que bonne cogitation.

Rag'


"Salut à toutes et tous,

Cela fait un bail que l'envie d'écrire un long billet sur ce fil me taraude. Non pas pour raconter mes pépins physiques, mes états d'âme, ma convalescence ou ma rémission, mais plutôt pour faire un signe à celles et ceux qui, ne voyant pas le bout du tunnel, se sont éloignés petit à petit du forum voire qui ont quitté définitivement le milieu de la course à pied. Il est évident que peu de personnes qui sont "sur le carreau" depuis plus d'un an ont encore envie de participer à la vie d'un site dédié aux sports d'endurance. C'est compréhensible, c'est humain, le masochisme a ses limites...
J'ai quelques noms (pseudos) en tête, de blessés annonçant leur multiples retours faisant suite à de multiples blessures diverses et récalcitrantes. Finalement, comme l'on dit chez les jeunes, ils ont "lâché l'affaire".
J'espère qu'ils ont su prendre le recul nécessaire pour affronter le vide que peut laisser le non-assouvissement d'une passion. La passion est destructrice quoiqu'on en dise, souffrance de soi, souffrance de ceux qui nous entourent.

L'avantage d'une passion, c'est qu'elle est omniprésente, occulte tout, occupe nos moindres pensées. C'est l'idéal pour s'échapper des vicissitudes de la vie. Rustine idéal de notre condition humaine.
Sauf que...
Le jour où cela coince dans la belle machine, où la mécanique ne veut plus, ne peut plus, la belle passion non assouvie croupit au fond de notre esprit, le vide apparaît. Et l'on se trouve confronté à toutes les questions auxquelles l'on n'a jamais voulu vraiment prendre le temps de répondre: "Pourquoi courir? Pourquoi souffrir de ne pas courir? Comment remplir autrement ce gouffre qui est apparu devant moi? Qu'ai-je voulu combler?" Tant de questions que chacun devrait se poser à priori. Trop peu le feront.

Ayant parlé de l'avantage d'une passion, j'aimerais aborder les inconvénients. Comme elle est omniprésente et dévorante, la passion anéantit le champ des possibles. Aucune place digne de ce nom pour d'autres activités qui sont, dans le meilleur des cas, des succédanées. 

Deux ans que je ne cours plus. Et j'ai fini par lâcher l'affaire, tenté de répondre à toutes ces questions et ce que j'en retire ne me flatte guère. J'ai souffert, plus dans ma tête que dans mon corps. Beaucoup plus. Mais j'ai mûri et le regard que je porte sur la pratique de la càp est d'autant plus acerbe que j'ai sacrifié beaucoup sur l'autel de la passion.
Finalement, après 24 mois, je peux dire que cette blessure fut une chance, une épreuve bien plus enrichissante qu'une quelconque ligne d'arrivée franchie. Je vis.

Rag'

PS: Je n'ai pas tiré un trait sur la càp, néanmoins j'ai fait un énorme tri sur mes envies, mes motivations. Un jour peut-être... ou pas. En tout cas, j'ai furieusement envie de découvrir d'autres choses.

PS2: Je suis conscient que peu ou prou se reconnaîtront dans ce portrait d'un passionné. Malheureusement, j'ai bien peur d'avoir raison pour une énorme majorité..."

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"Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien."

Par Rag' - 13-12-2011 19:04:57 - 8 commentaires

J-10

Ça y est, c'est fait. La lettre est postée. Plus moyen de reculer.

J'hésite depuis quelques temps à m'aligner sur une distance supérieure à 25 bornes uniquement armé de ma bite et de mes bâtons. Le choix fut assez facile. J'ai fait ma couille molle et je vais me taper 36 bornes et quelques sur une rando pépère de chez pépère.

J'aurais pu aller jouer le hamster compulsif aux 6 heures de Marchiennes, malheureusement je crains l'opprobe des puristes de la marche athlétique. C'est con comme réaction. M'enfin, j'en ai conscience...

 

J+2

Première fois.

PremièreS fois plutôt.

Premier CR depuis le début de mes pépins physiques, premier CR ayant pour thème la marche nordique, première sortie "officielle" à l'occasion de la Rando des 5 monts.

Cet évènement est organisé par l'école publique (j'y tiens) de Berthen (entre Boeschepe et Godewaersvelde, "Gode" pour les intimes. Très intimes. Genre DSK). La rando accueille près de 2 000 VTTistes sur quatre circuits (85 kms pour le plus long) et 1 000 randonneurs sur cinq circuits dont le plus long totalise 36 kms. C'est ce parcours que je décide d'entamer, il est à cheval sur la frontière franco-belge en parcourant les sommets enneigés de la Cordillère des Flandres. Je sais... Je la ressors à toutes les sauces cete fameuse "Cordillère" mais, n'en déplaise aux obsédés du D+ et autres Stakhanovistes de la pente à 75%, ici, ces monts sont vénérés, déifiés. D'ailleurs, une coutume ancestral veut que, chaque 16 juin, en hommage à Annie Cordy, nous sacrifions un couple de chômeurs et un pédophile (on les élève ici) en chantant du Plastic Bertrand et du Benny B., artistes ô combien adulés dans nos contrées.

 

C'est sans pression aucune que je me rends au départ de la rando. D'emblée, un constat s'impose:

  1. Stressomètre proche de 0: pas de chrono, ni de barrières horaires et encore moins d'heure de départ, c'est le pied total! C'est une rando pédestre, chacun est libre de choisir sa distance et démarre quand il le désire. Moi, j'dis ça, j'dis rien mais si le traileur lambda était si insoucieux des chronos et autres perfs, il se pointerait beaucoup plus souvent sur ce genre de manifestations. Balisage nickel, ravitos sympas et de la bonne humeur "en veux-tu, en voilà", que demander de plus? Des filles? He ben, y'a qu'à demander! La proportion de dames et demoiselles sur ces randos est laaaargement en faveur du beau sexe. Plutôt que de cotoyer une horde de mecs poilus, bourrus et dégoulinants de sueur, mon choix est vite fait...
  2. Une préparation kilométrée (en opposition à celles millimétrées effectuées les années précédentes). Aucune planification, que des kilomètres parcourus à la recherche d'un maximum de plaisir.
  3. Un équipement de warrior, je dirais même de "ranger", de Nordic Texas Walker Ranger! J'ai sorti toute la panoplie du parfait petit trailer: des pieds à la tête, ça pue le trail tendance ultra (seulement tendance hein!?): poche à eau, vêtements techniques et un tas de bricoles qui me semblent bizarrement bien plus utiles ici que sur d'autres épreuves où je courais. À commencer par les guêtres, autant ces dernières me semblaient relativement superflues en trail car je m'accomodais assez facilement d'un caillou dans la chaussure, autant, en marche, le moindre objet qui s'infiltre dans la godasse est un vrai calvaire. Et, par expérience, j'ai pu constater que cela arrivait beaucoup pus fréquemment en marche qu'en course. Même sur bitume! Ajoutez à cela le déroulé du pied qui vous fait apprécier la contondance du corps étranger... Je vous promets que les guêtres vous évitent bien des désagréments.

Passons les détails techniques et revenons à la rando proprement dite. Les organisateurs ont tellement bien fait les choses que randonneurs et VTTistes ne se croiseront que très rarement. Ça tombe car le peu de fois où j'ai pu en rencontrer, ce ne fut pas vraiment un plaisir... 

Je me dirige vers la salle où je retire le "roadbook", fiche plastifiée où sont inscrits une liste de numéros correpondant aux bornes qui jalonnent les chemins de randonnée des Flandres belge et française. On m'indique que le premier ravito est au 11ème kilomètre et que j'y repasserai au 29ème. On sent que l'organisation est bien rôdée, rien n'est laissé au hasard, tout ça pour 5€. Et à l'arrivée, j'ai le droit à un potje vleesch salade avec une bière. Pfiou! Dire qu'ils arrivent encore à dégager une belle somme pour financer les projets pédagogiques de l'école du village: les organisateurs sont tous les deux enseignants et les bénévoles sont les parents d'élèves, quel exemple de citoyenneté.

Je démarre donc sous un ciel gris et menaçant, par précaution, j'ai remisé ma veste coupe-vent et ai opté pour ma super Gore-tex "spécial CCC que j'ai pas fini". Très bonne idée sachant qu'en marchant, ça caille vraiment plus qu'en courant. En plus, y'a du vent! Bon, de la pluie, du vent, dans le Nord, c'est courant... mais c'est chiant.

Sur les premiers kilomètres, les randonneurs, quel que soit leur option de parcours, empruntent des tronçons communs et je dépasse quelques groupes. C'est l'occasion d'échanger un bonjour, des encouragements voire d'engager une courte conversation sur la marche nordique. D'ailleurs, je croise un groupe de jeunes femmes dont l'une d'entre elles s'exclame en me voyant: "ça, c'est vraiment le truc que j'aimerais essayer!". Je suppute que le "ça" désigne la marche nordique et non pas mon corps élancé de marcheur nordique déguisé en ultra jet set trailer. Un peu gêné par tant d'engouement, je joue le mec blasé et passe mon chemin. Une phrase me vient à l'esprit: "Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien" (merci Noir Désir, ou Nord Désir plutôt...).

Les kilomètres défilent et je ne double plus personne. Le temps se dégrade, un fin crachin jette un voile opaque sur la plaine environnante. Le parcours emprunte les chemins du Mont noir et du Mont Boeschepe que je connais pour les avoir pratiqués naguère. L'automne est passée par là, mais la clémence du temps en ce mois de novembre nous permet d'admirer le feuillage des essences d'arbres qui recouvrent les monts: chataigners, hètres, chênes sont majoritaires. Quel spectacle enchanteur! Du rouge, du jaune, de l'orange, les frondaisons éclatent de mille feux. Je vous fais pas un dessin, pas la peine d'en faire des tonnes, vous qui avez déjà vadrouillé, couru, marché, orienté ou forniqué en forêt savez à quel point Dame Nature peut être généreuse pour qui sait voir.

J'arrive au premier ravito et mon accoutrement interpelle les bénévoles qui s'y trouvent. Connaissant le merveilleux (sic) monde de la course, il me questionne sur les épreuves auxquelles j'ai déjà participé. Plutôt que de jouer les caïds ou les faux-modestes (vous vous reconnaissez?), j'embraye sur ma nouvelle passion et, tel Omar Sharif, je leur assène un "La Marche Nordique, c'est mon dada" qui réussit à égayer l'ambiance sous la tente. Une dame charmante est aux petits oignons avec moi et me propose de me sustenter à volonté afin d'entamer la plus grande portion de la rando, une boucle de 18 bornes où j'arpenterai le Mont Kemmel, en Belgique. Je quitte le ravito après 1h25 de marche.

Je vois encore moins de monde étant donné que je suis, à ce moment, sur la boucle exclusive du 36 bornes. Nous ne sommes qu'une quinzaine de randonneurs à avoir opté pour ce parcours. Les 15 kilomètres suivants sont extrèmement plaisants: les flancs du Mont Kemmel sont recouverts de prairies, de bois et de vignes (eh ouais, de vignes! Ne me questionnez pas sur le type de vin qui y est produit, je n'en sais foutre rien. À part que cela doit être une sacrée piquette... De la vigne dans les Flandres?! Et pourquoi pas de la bière à Bordeaux?). J'échange quelques mots avec un Flamand. Je tiens à saluer les Belges d'un "dag" plutôt qu'un "bonjour" frot inapproprié. Ça vous plairait qu'un anglais vous disent "good morning!" en plein Cantal? Ou cela vous traverserait-il l'esprit de dire "bonjour" en plein Madrid? Moi, non. Question de respect. Bon, c'était la parenthèse moraliste. J'en ai fini. Ouf.

Au kilomètre 25, je sens que les jambes tirent un peu, rien de grave mais la fatigue s'installe. Et la lassitude aussi, alors que je quitte le Mont Kemmel pour rejoindre le Mont Noir et son ravito par une longue ligne droite de 2 ou 3 km. J'arrive au ravito serein et passablement trempé. Non pas par la flotte qui tombe sans discontinuer mais par mon "jus". Je baigne dans mon jus, j'ai chaud mais le mopindre arrêt me refroidit illico. Je ne tarde donc pas: je remplis ma poche à eau. Je mange trois pruneaux, un epoignée de cacahuètes et zou! me voilà reparti pour les 6 derniers kilomètres. 

L'organisation a décidé de nous faire passer par la partie basse du Parc Marguerite Yourcenar du Mont Noir. J'ai beau avoir parcouru ces sentiers en long, en large et en travers, je suis toujours admiratif de la nature foisonnante et changeante suivant les saisons ou la météo. Arbres centenaires, parterres de fleurs sauvages, fruitiers dénudés par l'automne, prairies de fauche, toute cette flore inspire le calme et la sagesse. Pas étonnant que ce parc Yourcenar accueille la villa du même nom, résidence d'écrivains. Sûr qu'ils y trouvent la sérénité et la beauté nécessaires à toute production littéraire.

Alors que je longe une nouvelle fois une plantation typique de houblon, j'aperçois la salle des fêtes de Boeschèpe. Les deux derniers kilomètres sont une formalité sans intérêt. Je suis pressé d'en finir, heureux de n'avoir ressenti aucune gêne et d'avoir pu trottiner dans les descentes. J'espère peut-être pouvoir courir en 2012, sait-on jamais...Je suis accueilli à la salle par Manu qui possède le magasin Horizons Nature  à Villeneuve d'Ascq près de Lille. Nous blaguons et parlons matos de Marche Nordique. J'en profite pour me descendre une petite binouze bien agréable!

Pour l'instant, cette rando est la première étape vers mon objetcif principal en 2012: les 100 kms de Steenmachin.

 

Je vous donne RDV en mars lors des 6 heures de La Gorgue où j'affronterai une nouvelle fois...

 

...LA DAME QUI CRIE.

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Métaphysique du PQ

Par Rag' - 15-06-2011 00:17:11 - 9 commentaires

Il est de rares moments dans la vie où l’Homme sent, à joie ou à regret, qu’il fait partie d’un grand tout. Du Grand Tout. Où le temps et l’espace sont abolis, où l’expérience vécue le lie à d’autres humains de par le monde et l’Histoire avec un H majuscule.  Le sentiment d’universalité est à son paroxysme, il est LE monde, il est l’Histoire. Il vit. Il ressent ce que des milliers voire des millions d’êtres ont su transmettre à travers des histoires que l’on se narre de génération en génération. Siècle après siècle les histoires sont devenues des légendes, et les légendes des mythes. Et chacun de trouver dans ces contes fantastiques sa propre réalité, sa propre interprétation de l’expérience.

J’ai vécu ce genre d’expérience.

Pendant cinq minutes qui furent une éternité.

Dans un mètre carré qui fut mon univers.

C’était une journée comme les autres. Ces journées rassurantes de banalité dont le souvenir est aussi marquant qu’une interview de Carla Bruni. Comme à mon habitude, je m’étais pointé au boulot à 9 heures tapantes. Après un tour des différents bureaux afin de signaler ma présence et d’honorer la gent féminine d’un chaleureux « bonjour » et d’une accolade sensuelle, je décidai de me mettre activement au boulot (ne riez pas…). Il ne fallut pas plus de dix minutes pour qu’une irrépressible envie m’étreigne les intestins… (Ne sentez-vous pas l’universalité ??)

Je me dirigeai donc vers les commodités réservées au personnel. Le pipi-room est nickel-chrome, rien à redire. Je travaille dans un foyer d’accueil pour enfants et l’on ne plaisante pas avec l’hygiène. J’entre et appuie sur l’interrupteur. Il est temps d’effectuer un petit check-up rapide du lieu d’aisance :
-          contrôle olfactif : OK (c’est important car il est bien connu que c’est comme les gosses, on supporte que les siens),
-          contrôle visuel : OK, c’est clean ;
-          contrôle lunette WC : OK. Super important le contrôle !!! Il existe toujours des pistoleros de la miction qui ont vite fait de te saloper tout ça. Heureusement pour moi, une écrasante majorité féminine fréquente ce lieu. CQQFD.
-          contrôle PQ : le contrôle qu’il ne faut pas négliger ! Le tout n’est pas qu’il y ait du papier, c’est qu’il y en ait assez ! On ne la fait plus à moi. J’ai bourlingué mes fesses sur des centaines de gogues de France et de Navarre et j’ai acquis une certaine expérience qui me permet d’aborder la chose d’une humeur guillerette. Je suis confiant. Je tends la main vers le dévidoir à papier, mes doigts en extension vers l’orifice inférieur du distributeur et je constate que le rouleau vient d’être remplacé. Que demande le peuple ? Quatre cents mètres de papier toilette rien que pour moi ! Je ne crains rien… Le pensai-je.
Le fameux dévidoir à PQ

Et là, vous me dites : « Et l’éternité ? L’universalité ? Le Grand Tout ? ».
Je vous réponds : « Ça vient, ça vient.. ».

Passons les détails de l’action elle-même. Je ne vais pas vous faire un dessin, je ne fais ni mieux ni pire, je n’ai rien inventé.

L’expérience métaphysique commence ici-même. Mon passage dans ses toilettes touche à sa fin. Ne reste plus qu’à me saisir du fameux papier toilette et d’effectuer la sale besogne. Le futal sur les godasses, je tends une nouvelle fois la main vers le distributeur mais, cette fois-ci, avec la volonté d’en retirer quelques feuilles bien pliées. Je touche le rouleau, le tâte dans le but de trouver la salutaire languette, fin morceau de papier signalant le début des quatre cents mètres de PQ. Quatre cents mètres, imaginez-vous !

Rien. Pas de languette. Du bout de l’index et du majeur je fais tourner le rouleau autour de son axe à la recherche de la feuille initiale. Le rouleau est lourd, puisque neuf, il tourne difficilement et je dois m’armer de patience et de dextérité afin de parcourir minutieusement tout la surface du cylindre. L’exercice n’est pas facile, le rouleau n’est pas très équilibré et il a tendance à « s’emballer » et à se lancer dans une folle pirouette sur lui-même. Au bout d’une révolution, je ne m’inquiète pas ; j’ai dû, impatient, faire preuve de négligence et n’ai pas su trouver le bout tant attendu. Deux révolutions plus tard, l’agacement fait place à l’impatience. « Putain ! Mais c’est quoi ce bordel, merde ! » murmuré-je. Je mobilise alors toute mon attention ; de mes cinq sens, le toucher est le plus affûté. Je glisse les doigts sur la surface du rouleau à la recherche de la moindre aspérité, du moindre relief qui pourrait trahir la présence d’un soupçon de début de commencement. Je retiens mon souffle. Je suis le doigt d’un aveugle sur une page blanche. Dans l’expectative de signes en braille qui signifieraient : « Vas-y, fais-toi plaisir et tel Gargantua équipé d’un oison duveteux, torche-toi le cul. »

Toujours rien. Ce n’est pas possible ! C’est irréel ! Un rouleau, ça a un début et une fin. Une première feuille et une dernière. Deux faces. Dont une molletonnée que diable ! Se peut-il que je sois en présence d’une bizarrerie mathématique ? Le ruban de Möbius, ça vous dit quelque chose ? Une bande papier qui n’a qu’une seule face ! Et qui dit une seule face dit pas de début ni de fin, on y tourne à l’infini. L’INFINI ! Mais j’ai autre chose à foutre que de tourner ce rouleau à l’infini sans pouvoir me délecter du doux contact du papier sur la peau délicate de mes fesses !!!

Ruban de PQ de Möbius


J’ai à portée de main quasiment un demi-kilomètre de PQ et je ne peux pas m’en saisir. Qu’ai-je fait pour mériter tel supplice ? Qui veut me punir pour quelque péché ? Dieu existe-t-il ?
Et c’est alors qu’une image vient éclairer ma douleur, mon désarroi. Je vis un mythe. Je suis Tantale, personnage mythologique qui dut subir le supplice de ne pouvoir ni manger ni boire, les branches des arbres fruitiers s’écartant et l’eau refluant chaque fois qu’il tentait de se nourrir ou d’épancher sa soif. Je suis le Tantale moderne. Le PQ se refuse à moi, tour après tour… Sacré Zeus ! J’ai pourtant fait bouillir personne comme le Tantale des Grecs. L’anthropophagie, c’est pas mon truc. Et les repas avec des dieux, je trouve ça mortel.
Tantale et l'arbre à rouleaux de PQ

Qui peut bien m’en vouloir ? Je reprends difficilement mes esprits et ma quête de la languette. Inlassablement je tourne et glisse. Je recommence plusieurs fois sans succès, essayant de créer moi-même une brèche dans le rouleau. Ça ne marche pas, je n’ai pas d’ongle et la surface est trop lisse. Je tourne, et tourne, et tourne…  Je … Je... Je ne suis pas qu’un Tantale moderne, je suis doublement puni ! Je suis Sisyphe, autre figure mythologique qui fut condamné à faire rouler éternellement un rocher jusqu'en haut d'une colline dont il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet. Crévindiou !
JE SUIS TANTALE ET SISYPHE.
Sisyphe moderne et son rouleau de PQ

Mon rocher est ce rouleau de PQ et ma colline ce distributeur. Mon calvaire prendra-t-il fin un jour ? Les dieux se montreront-ils cléments  mon égard ? Jamais ces mythes n’ont eu autant de signification à mes yeux. Jamais je ne me suis senti aussi proche des antiques Grecs. Homère, Sophocle, Aristote ! Mes frères ! Mes amis ! J’ai compris ! Merci, Platon, des choses et de moi-même, je ne connaissais que les ombres projetées sur les murs de ma caverne. Des sons, je ne connaissais que les échos. Merci.

Alors que les minutes s’égrainaient et que mon supplice me poussait à imaginer le pire : mourir les fesses à l’air (pas propres en plus !), appeler à l’aide et couvrir de honte ma famille pour trente générations, remonter mes loques… l’improbable arriva. Mon index effleura une minuscule aspérité. Mon salut allait passer par là. Je m’échinai à gratter ce mince espoir et, à mon grand soulagement, la feuille prodigue se détacha. Le calvaire était fini. La sueur perlait sur mon front, ruisselait entre mes épaules et roulait jusqu’à la naissance de mes fesses. La température à l’intérieur de cet espace exiguë rendait l’atmosphère irrespirable. Bon, y’avait pas que la température, mais bon, vous savez, c’est comme les gosses… La parenthèse dans l’espace-temps avait pris fin.

Je sortis des toilettes encore abasourdi d’avoir vécu ce que nos Grecs anciens ont transformé en métaphores, ont sublimé en mythe. Quelle expérience, mes amis !
 
 
 

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